Silence sur les violences !

Silence sur les violences !

Killian depuis l’âge de cinq ans est résident de l’ I.M.E Ste Mathilde à Saint Chamond(42), une institution gérée par la Croix Rouge Française.

Il a connu de nombreuses années avec des conditions d’accueil satisfaisantes, juste quelques incidents marginaux dont nous comprenons aisément qu’ils puissent se produire. L’arrivée d’une nouvelle direction a tout bouleversé au sein de l’établissement et de nombreux professionnels ont préféré démissionner.

Un malaise s’est vite fait sentir au sein du personnel restant en place qu’il n’était pas rare de voir pleurer dans les couloirs. Plusieurs d’entre eux étaient au bord du burn-out et c’était flagrant.

La tension entre le personnel et la direction de l’établissement était tellement importante que le père de Killian a été sollicité par certains professionnels pour intervenir en usant de la visibilité de l’association.

Dans le même temps, des blessures importantes sont apparues sur le corps de Killian !

Nous parlons de griffures dans le dos ( partie de son corps inaccessible pour lui ), de plusieurs morsures dont les traces sont encore visibles plusieurs mois après, d’hématome recouvrant la quasi-totalité des parties génitales, d’hématomes sur les genoux ( Killian qui est en fauteuil roulant a été douché à genoux ).

Une plainte a été déposée à l’automne 2019 au Commissariat de Saint Chamond et la tartufferie va commencer !

A la suite de cette plainte neuf jours d’I.T.T sont attribués par un médecin légiste…

Que dire de cet éducateur qui annonce au père de Killian dans les couloirs de l’établissement qu’il veut témoigner au Commissariat parce qu’il n’a pû empêcher une morsure étant donné que quinze enfants lui étaient confiés au lieu de huit ? A t’il dit la vérité ?

Que penser de ces membres du personnel qui assistent en pleurant  aux interviews du père de Killian dans la presse et confirment en off la véracité des propos ? Ont ils dit la vérité ?

Que penser du fait que Killian ait été blessé par une ceinture pelvienne de contention sans que l’établissement ne dispose d’une prescription médicale pour l’utiliser ?

Que penser du fait que le plan annuel individualisé de cet enfant n’ait pas été présenté aux parents cette année !

Forcément isolé et hors de lui, le père finira par craquer et le dossier sera délocalisé à Saint Etienne. Le plaignant demandera à être entendu par le fonctionnaire en charge du dossier afin d’apporter des éléments nouveaux à la procédure , jamais il n’en aura la possibilité !

Et le verdict tombe : En France, en 2020 une plainte dont la victime est un enfant handicapé qui ne parle pas est classée sans suites malgré neuf jours d’I.T.T !!!!!

La magie ne s’arrêtant pas là : une fois la plainte classée, l’Agence Régionale de Santé ouvre une inspection au sein de l’établissement. Un service de l’État annonce «  circulez tout va bien », l’autre ouvre une enquête ! Nous ne remettons pas en cause la décision du parquet mais le papa estime que le magistrat a été mal informé et n’a pû prendre une décision éclairée …

Par ailleurs les propos de l’enquêteur au téléphone sont inacceptables !

Dès la reprise de l’activité des avocats nous saisirons l’un d’entre eux afin qu’une nouvelle plainte soit déposée et qu’il suive le sérieux de la prise en charge de celle ci …

A minima il faudra répondre aux questions suivantes :

– Un éducateur qui a connaissance des circonstances anormales dans lesquelles un enfant handicapé est blessé commet il une faute professionnelle ou une infraction pénale en ne les dénonçant pas ?

– Ses collègues qui confirment au père qu’ils ont connaissance des faits commettent ils la même faute en ne témoignant pas ?

– Un médecin qui a connaissance, même à posteriori, des circonstances dans lesquelles un enfant handicapé est blessé par un dispositif de contention sans prescription médicale ( empêchant par la même aux responsables légaux d’émettre des réserves et observations ) commet il une faute en ne les dénonçant pas ?

– L’infirmière qui a donné des documents médicaux au responsable de l’équipe éducative pour qu’il prépare son audition au Commissariat avait elle le droit de le faire ?

– Un professionnel qui annonce au père avoir refusé d’assister à une réunion avec son chef de service parce qu’il y avait une violation manifeste du secret médical commet il une faute en ne dénonçant pas les faits ?

– L’établissement est il responsable de négligence ou de manquement à une obligation de sécurité ayant conduit aux blessures sur Killian ?

– Dans quelles circonstances un enfant en fauteuil roulant est il douché à genoux ?

– La Direction Régionale de la Croix Rouge, informée des faits a t’elle agit correctement ?

– Pourquoi le service enquêteur n’a pas voulu prendre en compte les éléments nouveaux que pouvait apporter le père ?

Après avoir aidé des dizaines, voir des centaines de personnes handicapées, jamais l’association ne renoncera à rétablir Killian dans sa position de victime !